Bienvenue, brebis égarée. Bienvenue sur le blog du forum « Ecrivains en herbe ».

 

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Type : Forum d’écriture



Historique et statistiques :

Ce forum a été créé le 10 mars 2006 ; cela fait cinq longues périlleuses et agréables années que les écrivains en herbe le font vivre grâce à leur motivation et leurs écrits.
Il fait partie des dix premiers forums de littérature au classement forum actif.
Il possède actuellement 750 membres actifs dont une vingtaine de nouveaux membres par mois. Il approche les 150 000 messages postés.

C’est un forum vivant, très actif, où vous rencontrez des personnes de tout horizon partageant leur goût pour l’écriture et la littérature.

 

Activités du forum :

Sur Ecrivains en herbe vous pouvez poster tous vos écrits : poèmes, essais, nouvelles, romans, chansons, etc. Vous pourrez ainsi être lu,  lire les autres membres et recevoir des commentaires constructifs et critiques.

Vous trouverez aussi de multiples aides et conseils pour améliorer vos écrits.

Une partie est réservée aux discussions autres que l’écriture si vous avez envie de vous exprimer et débattre de sujets actuels.

N'hésitez pas à venir nous rendre visite si, comme nous, vous êtes mordus d’écriture (nous ne mordons pas, enfin pour la plupart ;) ). Les parties "discussions" peuvent être lues par les invités et vous pourrez découvrir les différentes catégories qui composent Ecrivains en herbe en vous rendant sur le forum.

Nous proposons également des exercices d'écriture en solo ou à plusieurs, et même des joutes d'écriture.

Vous pourrez enfin trouver une actualité des concours et des appels à texte.


Sécurité :

Une de nos priorités est de protéger vos textes : la partie où ils sont postés n'est donc pas visible par les visiteurs.
Nous supprimons les membres "fantômes" régulièrement : notre règlement stipule qu'un membre n'ayant posté aucun message après son inscription est supprimé, idem pour un membre absent plus de deux mois sans nous en avoir donné les raisons. 

INFORMATIONS : Le copyright n'est pas obligatoire ! Il suffit de prouver qu'on est l'auteur du texte plagié par tout écrit pour avoir gain de cause. Le droit d'auteur n'est pas un brevet mais un DROIT.
Celui qui copiera ici un des textes pourra donc être poursuivi.


Vous voulez en savoir plus :

Vous avez envie de rejoindre notre communauté ? Rendez vous sur http://ecrivainsenherbe.forumculture.net. Vous pouvez également poser vos questions à la suite de ce topic ou dans la partie "Invité" de notre forum : http://ecrivainsenherbe.forumculture.net/forum20-Invites.htm .

Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 09:32


Une nouvelle année vient de commencer. Nous en profitons pour vous souhaiter nos vœux les plus sincères et favorables qui soient, autant sur le plan littéraire que la réussite dans sa généralité.

Aujourd'hui, le forum continue son petit bonhomme de chemin, et parce que c'est avant tout un lieu où nous avançons tous ensemble, via les commentaires, la critique, nous nous tournons aujourd'hui vers vous :

La première idée mise en avant il y a quelques temps de repenser le design / décor du forum est toujours d'actualité, et nous avons besoin de vos avis : avez vous des idées ? des remarques ? y a-t-il parmi vous des spécialistes ?

 Discutons en ici : http://ecrivainsenherbe.forumculture.net/t25504-design-du-forum-ecrivains-en-herbe#329184).


En cette année 2012, vous pourrez toujours participer à des défis d'écriture :

- Les exercices : http://ecrivainsenherbe.forumculture.net/f85-ateliers-defis-et-exercices
- Les joutes : http://ecrivainsenherbe.forumculture.net/f40-joutes
 ou encore
- Les concours : http://ecrivainsenherbe.forumculture.net/f22-concours-et-appels-a-texte

Par ailleurs en ce moment, un concours d'écriture sur les mythes antiques a lieu ici : http://ecrivainsenherbe.forumculture.net/t24784-concours-de-nouvelles-reecrire-un-mythe-antique

Aussi, nous vous annonçons deux sujets importants qui vous plairont sûrement :


En premier lieu :

L'équipe administrative recherche actuellement :

- Deux modérateurs en poésie (Encadrés par Archy)
- Un modérateur théâtre, si possible.
- Des personnes motivées pour faire partie de l'équipe de rédacteurs de l'écrirature. (Équipe encadrée par Dame De Caro) : http://ecrivainsenherbe.forumculture.net/c12-ecrirature

En second lieu :

Le projet de publication d'un livre à plusieurs plumes autour du roman est envisagé en fonction du bon déroulement du forum, de la participation de tous, etc etc. Comme stipulé, il ne s'agit actuellement que D'UN PROJET, même si tous les moyens sont à notre disposition pour le mettre en œuvre, et ainsi offrir une chance de publications à tous. (Aucun revenue n'en sera tiré d'aucun tierce, le livre sera vendu à son prix de publication, si il y a publication.)


Retenez surtout que le forum est avant tout à l'écoute de vos besoins. Une suggestion de création d'une section pour les synopsis a été proposée : http://ecrivainsenherbe.forumculture.net/t25459-travail-sur-vos-synopsis
Qu'en pensez-vous ?

Enfin, nous redémarrons les Ecriratures comme cité plus haut. Envie d'écrire un article ou d'être interviewé ? Faites-nous signe !

Si vous avez des questions ou des remarques sur le forum, n'hésitez pas à venir en parler dans les parties concernées du forum ou par retour de mail ou en contactant un administrateur / une administratrice.



Cordialement,

L'équipe de modération et d'administration

Par Ecrivains en herbe - Publié dans : Sur Eeh, je peux...
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Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 15:34
Les murs du forum



Voici quelques captures d'écran qui vous permettront de voir comment l'habillage visuel du forum a peu évoluer au fil des années.





Commençons avec ceci (2006) :
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Puis, le thème a radicalement changé, nous sommes encore en 2006 :

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Et en 2007, le thème se modifie légèrement :

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On continue sur la même route en 2008 :


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Enfin, en 2009, grand changement, gros changement mémorable... n'est-ce pas Rêvelin ?


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Par Ecrivains en herbe - Publié dans : Présentation
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Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 15:33

Il était une fois un monsieur qui mettait des couvre-têtes. Un jour, il voit une photo d'une jeune femme avec un bonnet multicolore sur la tête. Content, il tape dans ses mains. Le temps passe et l'occasion se présente de l'interviewer : un rêve se réalise.

Bonjour Alekseï. Tu es très active sur le forum dans la section poésie. Qu'est-ce qu'un poème doit provoquer chez toi pour que tu le considères comme « bon » ?

Déjà je peux trouver un texte bon sans l’aimer vraiment. A vrai dire, si je le trouve bon c’est que je n’ai rien à redire, que la forme est belle mais qu’il ne me touche pas. Pour que j’aime un poème il doit me parler, me faire ressentir des émotions ou me faire voyager. Quand je lis un texte, je n’ai pas envie de rester derrière mon écran. J’ai envie de ressentir des émotions, même si ce ne sont pas les miennes, d’être totalement emportée.

Quelles sont les raisons qui te font venir sur un forum d'écriture ? As-tu l'impression de progresser ? Certains disent qu'en venant, ils écrivent moins. Est-ce ton cas ?

Je viens ici pour recevoir des critiques sur mes textes, je ne peux pas le nier, mais j’aime bien aussi flâner, lire ce que les autres font et puis parler avec des inconnus. C’est agréable quand on sait qu’on a au moins tous un point commun.
Sinon oui j’ai clairement l’impression de progresser. Après c’est par période, je peux stagner pendant six mois et sentir un changement brutal. Le fait d’être confronté à des regards extérieurs, et parfois très expérimentés, ça aide toujours. Même une impression de lecture guide. Alors oui, je pense que si on est attentif à ce qu’on nous dit, on peu vraiment progresser. Quant au fait de moins écrire en venant… Non ce n’est pas mon cas. Lorsque j’écris moins c’est plus une question de phase que dû au forum.


Bien, enchaînons avec une petite mise en situation. Dans dix années, tu gagnes le « Rowling d'Or », quelles seraient tes premières réactions ? Un poing rageur accompagné d'un « I did it » ?

Le nom du prix m’a bien fait rire. Sinon concrètement j’en sais trop rien .Tout dépendra des critères de ce prix… Je sais pas du tout en fait. Je pense que le fait de recevoir la moindre récompense littéraire me laisserait plus sur le cul qu’autre chose…

Considères-tu tes oeuvres comme tes enfants ? Si la critique est dure mais justifiée, arrives-tu à faire la part des choses ?

Je ne considère pas mes œuvres comme mes enfants mais plus comme des parts de moi-même. Quand j’écris, j’essaye d’être honnête ou du moins, d’écrire avec mes tripes, même si je n’y parviens pas toujours. Dans cette mesure, les critiques me touchent forcément. Après, j’ai fini par apprendre à les accepter. J’avoue qu’au début je ne savais pas faire la part des choses et que j’étais profondément vexée à chaque fois. Maintenant j’essaye de prendre du recul et de tirer un maximum de profit de ce qu’on me dit. La critique justifiée c’est vraiment le meilleur moyen de progression donc même si c’est dur au début, après, ça aide vraiment…

Avec le recul du temps, comment juges-tu ton premier poème ?

Il me fait beaucoup rire. Disons qu’il incarne à peu près tout ce qui m’insupporte désormais en poésie. Du coup, quand je retombe dessus, je me moque un bon coup de moi-même et je me dis qu’au final, même si je suis loin d’être experte, j’ai au moins passé ce cap de médiocrité profonde.

Comme tu le sais, la deuxième partie de l'interview permettra de te découvrir un peu plus. Si tu dois choisir entre nager sans contraintes et voler dans le ciel, quel serait ton choix et pourquoi ?

Question difficile. J’adore nager parce que c’est l’un des rares moments où j’arrive à me vider totalement la tête mais je crois que je choisirais quand même de voler. La perspective de tout voir de là-haut et de pouvoir aller où je veux bien plus vite me plait beaucoup.

Rire, ça représente quoi pour toi ?

C’est très important. Déjà parce que c’est associé à quelque chose de social. Même s’il m’arrive de rire toute seule comme une idiote (je suppose que ce n’est pas difficile à visualiser), le rire c’est souvent à plusieurs. Dans cette perspective là, c’est quand même génial. Puis la bonne humeur ça fait du bien. Et enfin, ça me permet de rattraper les minutes de vie que je perds ailleurs ! =)

Hum, hum, hum tu es une jeune femme particulièrement chevelue. Tu n'as jamais eu envie de faire la boule à zéro comme Demi Moore ou Britney Spears ?

Oula non ! Même si mes cheveux me prennent souvent la tête (que c’est drôle…) concrètement j’ai pas très envie de m’en débarrasser. Et puis franchement Le Cheyenne, toi ça te va bien, mais pour moi, la boule à zéro, ça ferait plus peur qu’autre chose…

Nous avons tous une façon de danser particulière. Par exemple, Elianaca pratique la danse de l'albatros. Dis-nous donc comment tu danses.

J’aimerais bien voir ça tiens…
Bah sinon je ne sais absolument pas danser donc on va dire que je suis plutôt adepte de la danse n’importiste (petite dédicace discrète). Je fais au feeling, donc ça peut passer du poulpe à la puteàfrange selon mon humeur (et le taux d’alcool que j’ai dans le sang aussi…).

Imaginons qu'un matin tu te lèves et que tu te trouves dans ton bol un bonbon qui te permette de vivre un événement dans le passé. Sur quoi se porterait ton choix ?

C’est dur ça, y’a beaucoup de choses que j’aurais adoré vivre. Mais peut être Woodstock. Au-delà de l’aspect « drogue », c’est pour la musique, le mouvement que ça a représenté. Bref, ça me fait franchement rêver.

« On est bien avec peu, triste avec mieux ». Comment tu te positionnes par rapport à ça ? Est-ce que tu arrives à être heureux avec ce que tu as ou en désires-tu toujours plus ?

Je trouve cette phrase un peu pessimiste quand même. Ou du moins, trop porté sur l’hypocrisie du genre « c’est cool de rien avoir, au moins on voit le vrai sens de la vie ». Après je suis d’accord sur le fait que la poursuite sans frein de nouveaux plaisirs et autres est dangereuse (là je fais genre mais en fait, j’ai juste un vieux souvenir de cours de philo. Non je ne suis pas intelligente, ne vous méprenez pas). Plus sérieusement, j’arrive à me contenter de ce que j’ai dans l’ensemble même si comme tout le monde il m’arrive de rêver d’avoir d’autres choses en plus. Mais concrètement ça me va bien, parce que ça ne m’empêche pas de vivre et qu’en plus, ça me permet de me projeter un peu, de sortir du monde réel pour rêvasser.

Un message à faire passer, une chose à ajouter ?

Comme je l’avais fièrement noté sur un cours, je suis amoureuse de Dolly (Ahahaha =)). Sinon je tenais à citer quelques gens que j’aime bien ou que j’admire (séquence émotion, imaginez les noms qui défilent avec une petite musique d’ambiance un peu tristoune) : Jackal, This, Rêvelin, Le Cheyenne, Fitz (même s’il a disparu), Ayu, Rime, Vixen et puis j’en oublie certainement.

Par Ecrivains en herbe - Publié dans : Interviews et Témoignages
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Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 15:30

Nous étions tranquillement au restaurant en train de déguster la sauce de notre repas quand soudainement un bout de pain tomba par terre. Hop des miettes sur le sol, et hop l'idée d'aller voir Pasiphae.


Bonjour Pasiphae. Avant de venir t'interviewer, j'ai regardé ton profil et j'ai pu constaté en allant sur ton blog et tes sujets créés sur le forum que tu écrivais à la fois des nouvelles et de la poésie. Est-ce que tu adoptes une posture différente selon ce que tu écris ? Par exemple, qu'est ce que tu mobilises le plus quand tu écris une nouvelle ?

Ah heu… Ca me force à réfléchir, ta question, là (chose que j'oublie en écrivant). La majeure différence, c'est que les nouvelles me viennent spontanément (pas besoin d'appel, quand une nouvelle naît je la sens venir et je l'accueille avec un sourire gentil), tandis qu'écrire de la poésie, ça ne m'est venu à l'idée que sur l'instigation de Rozbaum, et donc, je suis obligée de réfléchir (et je ne m'en cache pas, c'est médiocre! je bosse, je crois que la poésie nécessite moins d'artifices, plus de sincérité, et c'est toujours un petit moment gênant celui où il faut oser poser deux puis trois mots et ne pas les effacer (les assumer)). Oups, je suis à côté de la question, nous parlions nouvelle, donc, je mobilise les images qui me viennent et je me bats contre les mots (ça a l'air bizarre dit comme ça, mais réellement j'ai besoin de les apprivoiser en les fouettant).

Il y a une interrogation récurrente chez moi vis-à-vis de la poésie. Penses-tu qu'on puisse écrire de "bons" poèmes sans maîtriser la technique ?

OUI évidemment! Il ne faut pas une technique apprise dans des bouquins pour écrire de la poésie, il faut simplement être attentif (à soi, aux autres, être capable de se poser, de laisser la sensation affleurer, l'image, et lui donner du corps même si ça a l'air bizarre, puisque chaque sensation s'exprimera différemment selon qui je suis, donc "la mer qui balaie les tourments", ce n'est pas de la poésie, c'est une métaphôre mille fois convenue et qui résonne faux)
Après, la technique vient s'installer doucement, mais après seulement, quand j'apprends (mon je ici est universel, c'est un peu pédant) à aimer les mots, quand mon rapport à eux devient presque sensuel, je peux avoir l'envie de les sculpter tout doucement, et là c'est l'introduction des procédés, qui malgré tout produisent une certaine harmonie)

Parlons un peu progression et évolution. Nous sommes sur un forum, nous lisons, nous commentons. Certains pensent que "plus on lit, plus on est apte à progresser". Comment te positionnes-tu par rapport à ça ? Qu'attends-tu d'un commentaire et comment les exploites-tu ?

Je n'ai pas trop compris la question
Bon, je vais y répondre par les deux sens que j'y vois
-Faut-il lire pour écrire?
Aucune nécessité, mais lire c'est se nourrir, s'enrichir; au-delà du langage ce qui est important c'est l'expérience (comment ma vie s'est agrandie?) Il existe deux-trois petits génies qui n'ont pas eu besoin de lire pour écrire (ô Homère bourré d'humour) mais en règle générale, explorer les fluctuations de mille pensées humaines, c'est utile pour se construire soi-même un petit truc qui marche.
-Les commentaires des lecteurs des forums?
Je vais être sincère; je suis toujours ravie d'être lue, de toucher parfois… Mais les commentaires en tant que tels me sont très rarement utiles; (sauf cas de fautes d'orthographe) je préfère que l'on analyse mon travail sur le long terme en tant que construction plutôt que de voir mes phrases disséquées; mes procédés d'écriture sont assumés. J'attends donc d'un commentateur soit qu'il me suive sur le long terme (ce que je ne peux pas attendre de n'importe qui, il faut aussi qu'une certaine affinité se crée), soit qu'il donne tout simplement son ressenti: archi-important bien que boudé. Un "ça marche" ou un "artificiel, je ne rentre pas", m'informent tout de suite plus sur la validité d'un texte qu'une dissection. (en plus jamais je ne réécris)
Après, c'est bizarre, parce que je n'ai pas cette façon de commenter quand je vais lire un texte; je m'attache aux procédés, aux contours, aux ressentis, c'est un peu au cas par cas (parce que j'ai bon goût, oui).

Quand tu dévoiles une de tes productions, as-tu de l'appréhension ? Plus simplement, si tu as une critique négative mais justifiée, arrives-tu à te "dépassionner" ? D'ailleurs, est-ce souhaitable ?

De l'appréhension OUI forcément, mais pas au niveau de tous mes lecteurs; je sais de toutes façons que mon style ne touchera jamais les lecteurs plus pragmatiques, donc je n'attends d'eux aucune adhésion.
Ca marche à l'estime que je porte au ressenti de tel ou tel lecteur; (et pas à l'estime que je porte au lecteur, c'est différent).
Il me faut en général 47 heures pour arrêter de sangloter quand la critique d'un de mes innombrables amants est négative, sinon. Et tant mieux en fait, prendre ses écrits avec trop de relativité c'est n'en attendre pas grand-chose; à partir de ce moment-là, tu n'es pas dans une posture artistique je crois.

C'est très intéressant tout ça mais nos lecteurs aimeraient te découvrir un peu plus. Pasiphae par exemple, on connait bien sa place dans la mythologie grecque. Son histoire est très intéressante, et si je ne te demande pas si tu peux tomber amoureuse d'un taureau, j'aimerais savoir ce que tu penses des mythes. Pour ma part, je crois à leur réalité. Mais, ce n'est pas une opinion partagée par la masse. Penses-tu qu'à défaut d'être réels, ils ont au moins le mérite d'être vrai ? Quel est le but de ces mythes ?

Bien sûr les mythes sont vrais! C'est drôle que tu me demandes ça, je suis en train de les étudier en cours (passionnant).
Enfin, je n'aurais pas de cesse d'admirer ces petits bonhommes grecs, qui en plus d'avoir jeté toutes les bases de la philosophie, ont réussi à comprendre que toutes les situations, toutes les passions étaient les mêmes; j'admire le travail subtil qu'ils ont mené sur l'âme humaine, et qui fait qu'aujourd'hui l'on puisse encore tomber éperdument amoureux d'une Antigone, pleurer sur le sort d'une Médée… Plus encore, voir les lectures différentes que l'on en fait selon les époques, alors même que les rouages restent les mêmes, preuve qu'un mythe ne s'attache qu'à la silhouette la plus serrée, la plus vraie de toute histoire humaine.
Le but, pas sûre qu'il y en ait un,mais, heu, ils sont là comme de rassurantes fondations…
Je suis un petit peu zoophile en vérité oui

J'ai préparé ton interview avec Intemporelle et elle veut à tout prix savoir d'où te vient cette obsession pour les miettes. Éclaire-la ou je continuerais à recevoir des coups secs sur mon crâne.

Ô Intemporelle, ne martyrise pas le pauvre Cheyenne (tu vas être déçue)… Je ne sais même pas, je crois avoir été victime d'une espèce de complot sourd… La notion de "miette" m'a été attachée plus que je ne l'ai plébiscitée; mais je m'y suis sentie confortablement installée, petit cocon feutré, et j'ai fait en sorte qu'on croit que c'était une sorte de concept super intellectuel (ce qui ne trompe personne). Mais, au fond, c'est mignon, une petite mi-ette, non?
ça colle à merveille à mon ton je crois

Sur le forum, on te remarque également par ta présence dans les débats. Pourquoi, d'après toi, l'homme est si attaché à la dichotomie dans sa façon de voir les choses ?

Olala. Tu me forces à aller voir sur wikipédia ce que veut dire ce truc obscur, "dichotomie", et je ne comprends toujours pas (oups). MAIS l'être humain est fabuleux, tous ces regards, petites tensions sous la peau, couleurs cachées, hum, vaseux ce que je dis? En fait, je crois, si je cerne ta question, qu'elle se pose à tous ces points de vue, parfois radicalement opposés, sur une même question. C'est que l'homme
aime réfléchir, il a une fierté, et puisque sa pensée s'articule différemment de celle de son voisin, eh bien, ça fait des débats. Sinon, c'est toujours rafraîchissant d'aller se faire la dent contre des gens super intelligents.

Question classique. Tu es une jeune femme. Raconte-nous donc la tentative de drague la plus nulle que tu as eu la chance de vivre !

J'ai passé deux semaines en Italie, cet été et… Nous étions trois amies toutes mignonnes et innocentes, du coup, nous avons vécu des choses assez incroyables (et un italien, ça manque de subtilité). Je vais en raconter deux, parce que la première vaut le coup, mais ce n'est pas moi qui en ai été victime.
C'est l'histoire d'un petit florentin maigrichon qui distribue des pastèques pour le compte de je ne sais quelle fête locale, et puisque nous étions en cours de déshydratation, jolie providence. Sur les marches de la plus vieille église de Florence, il est un quart d'heure plus tard arrivé en se dandinant, et nous a proposé une visite gratuite des catacombes de l'église. Il attrape une de mes amies par le bras, et lui dit qu'on ne peut y aller que deux par deux, et que donc il commencera par elle. Elle a évidemment gentiment décliné, mais quand même, drague dans les catacombes, c'était follement rupestre.
L'autre se passe à Rome, le soir. On cherchait un endroit sympa, et franchement Rome est morte la nuit (on ne savait pas encore que tout se passait dans le Trastevere). Au milieu d'une avenue, trois grands rustres se ruent vers nous, nous attrapent par la taille et commencent à nous faire valser (la France, ça leur évoque tout de suite les dîners aux chandelles et les bouquets de roses défraîchis). Nous n'avons pu nous en débarrasser qu'une heure plus tard, sur les marches de la fontaine de Trevi, en leur expliquant que nous étions fidèles à nos amoureux (ça leur échappe, cette drôle de "philosophie" française).
Je pourrais continuer longtemps parce que je n'ai jamais été draguée normalement par des êtres normaux, mais ce serait lassant.

Imaginons que des êtres venus de l'Espace débarquent sur Terre et que tu es choisie pour dialoguer avec eux. Ils veulent savoir pourquoi on a deux oreilles et deux yeux mais un seul nez. Que répondrais-tu?

J'ai pas de répartie. Mais un joli sou-rire alors ils oublieraient vite leur question ridicule.

Pour finir, il pleut et des grosses flaques de boue se forment. Sautes-tu dedans le rire aux lèvres ou relèves-tu ta jupe pour ne pas la salir ?

Un petit mélange mignon des deux (comme un canard plouf toute propre)
Non, mais la boue, ça m'angoisse. Beaucoup. Je l'évite.

Cela a été un réel plaisir de t'interviewer. Un message particulier à faire passer ?

Oui
Plus tard je voudrais devenir:
intelligente comme Intemporelle
beau comme Boris
virile comme Rozy
rigolo comme Rêvelin

(Nariel j'attends que tu me peignes en rose)

Par Ecrivains en herbe - Publié dans : Interviews et Témoignages
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Jeudi 27 octobre 2011 4 27 /10 /Oct /2011 15:29

D'où vous vient d'écrire ? Et cette question, de son ruban, noue toute la correspondance de Rilke, et cette question de s'adresser à la poésie lui demande, enfin, son prénom et son âge.

Que disent-elles, ces lettres ? Elles répètent combien il faut être impuissant pour se résorber dans l'écrire, pour subir l'outrage mauve d'une nuit immobile, à chercher la faune de son regard, à braconner ces images moqueuses et leurs yeux si cruels. Ecrire, par toute la faiblesse du monde, parce que les gestes ont tant raccourci qu'ils sont rendus moignons de l'agir et ne peuvent atteindre le réel. Le poète dit « voilà ma poésie : mon infirmité. Mes doigts déformés de rimer ensemble. Sentez. C'est mon odeur lâche que j'émiette au dessus des franges du délire ».

Ce râle, pour devenir le chant, prend à la douleur sa gemme et son vermeil. Pour en faire un précieux à accrocher aux oreilles des filles, il lui fallait de moins gémir que de luire. Et cette plainte du poète, d'entre toutes célèbres, se trouve pourtant, identique, du même octave décoloré, à la bouche du condamné à mort.
Les crimes du poète attentent aux objets inanimés, au-delà du monde tangible. Son poignard ne meurtrit que le corps sous cette maille des dimensions.

D'où vient d'écrire ? De ne pouvoir fréquenter un ailleurs que ce songe de bruits étranges, de paupières étirées de lumière. De ne pouvoir, enfin, pénétrer ces réalités murées de ronces et de lierres, formées d'objets tangibles et de nourritures prosaïques. Ecrire, cette faillite et puis ce rire résigné.

D'où vient de sortir de vous ces rimes viscérales, ce désordre sans cheveux ? Quelques un tendent leurs réponses. Dans la coulisse de ma voix elles se préparent. Encore. Il faut distribuer les rôles, les enclore dans la gangue du masque. A qui cette parure pour alourdir le ventre, cette larme pour courber la joie et pour les deux la rime. Celle-la dira Florence et le lierre de son secret, les dalles disposées dessus les symétries souterraines du palais des doges. A les lire, peut-être saurons nous ce qui donne une chair à leurs vies, une densité à leurs cris. Mais toujours la poésie sera ce même inutile. Qui écrit pour changer le monde rédige un arrêt légal. Le poème est trop impudique pour porter la robe du magistrat.

La poésie nous est un pouvoir de ne rien changer.
Mon alexandrin compte ses foulées et trébuche au onzième pas de sa danse. Mon sonnet arrange ses cheveux en tiers inégaux. J'attends ce poète qui nous dira sa première fois, son premier mouvement dans les images et dans le songe. Le sang qu'il a vu ruisseler, la couleur de l'hymen qu'on déchire. Quels sexes timides, quelles audaces ? J'attends ce poète en lisant ce numéro de l'écritaré.

« Entrez avec moi dans moi même. »

Par Ecrivains en herbe - Publié dans : Conseils en écriture
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Mercredi 21 septembre 2011 3 21 /09 /Sep /2011 18:16

temps.jpg

 

 

Vers à Lyre n°10 : http://www.vers-a-lyre.fr/telecharger.php

Par Ecrivains en herbe - Publié dans : Partenaires
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Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 22:15

Auteur : Eliott/Luft

Gagnante du concours "Le Voyageur au-dessus de la mer de nuage"

 

( Caspar David Friedrich)

 

http://3.bp.blogspot.com/-8BEWweORELQ/TfaLqbuJUsI/AAAAAAAADjE/vletUtcg2Rc/s1600/Caspar_David_Friedrich-Le%2Bvoyageur%2Bcontemplant%2Bune%2Bmer%2Bde%2Bnuages.jpgLe menton enfoncé dans la paume de sa main, Maryline triturait son stylo, exaspérée. La voix du professeur lui remplissait le crâne, et bientôt il déborderait de paroles dégoulinantes, comme une bouche d’égoût.
– … la caaaaanne, donc, symbolisannnnnt la faiblessssse de l'hooooomme face à l'im-men-si-té de la natuuuure, on voit la puissannnnnce des...
Par pitié, tais-toi..., maugréa la jeune fille en son for intérieur.
Maryline fronça les sourcils en voyant un de ses cheveux se diviser en deux. Elle l’isola avec précaution et l'arracha d'un coup sec. Inutile de nourrir un cheveu abîmé.
L'étudiante déposa son stylo et partit à la recherche de fourches à éradiquer. Les deux mains libres, elle les enlèverait plus facilement.
Au moment où elle en repérait une, un grincement très désagréable l'interrompit.
– Mademoiseeeeelle, auriez-vous l'obligeannnnnce de répéter ce que je viens de diiiiire ?
Maryline releva la tête et nota malgré elle que la voix de cette femme s'envolait souvent dans les aigus à la fin d'une question.
Voyant que son élève ne réagissait pas, la professeur remit en place ses lunettes rondes d'un geste nerveux et s'approcha d'elle à pas vifs.
– Je vous prierais de prêter attention au couuuuurs, vous savez très bien que l'histoire de l'aaaaart porte un coefficient im-por-tant au baccalauréaaaaat. Cela fait plusieurs foiiiiis, n'est-ce pas, que je vous surprends à rêvasseeeeeer. Une de plus et je devrai en référer.
A qui ? Telle était la question.
Tandis que la petite femme rondelette s'éloignait, Maryline reprit rageusement son stylo et fixa la peinture – enfin, la diapo – d'un œil noir. Un homme lui tournait le dos et la narguait. Il se retournerait pour lui offrir un sourire goguenard que ça ne la surprendrait pas. La canne ? Faiblesse de l'homme ?
La jeune fille avait envie de se glisser subrepticement dans la toile, s'approcher comme une ombre de ce dos, de cet être tant et si bien immobile que Maryline doutait qu’il réagisse quand elle frapperait. Oui, elle brandirait un couteau, un poignard, et l'enfoncerait entre ses omoplates, remuerait le bras convulsivement pour fouiller sa chair. On verrait bien s'il resterait de marbre.
Ensuite elle jetterait son corps parmi les nuages et tant pis s'ils s'en offusquaient. Ils voulaient l'engloutir ? L'avaler de leur grande bouche informe et vaporeuse ? Elle les éclabousserait de sang, en ferait des lames tranchantes puis les réduiraient en charpie. Maryline leur ferait perdre de leur superbe. Cette majesté flamboyante ne serait guère plus que celle d'un brouillard visqueux.
Et si jamais les pitons rocheux faisaient mine de s'en prendre à elle, les broyer paraissait une alternative tout à fait acceptable.
– … et l'horizoonnnnn...
L'horizon ! Comment avait-elle pu oublier ! Que lui avait-on dit ? Qu'il étendait ses bras pour grappiller des morceaux d'univers ? Alors que celui qu'il possédait déjà avait l'envergure de l'infini ?
Cet horizon la faisait souffler de rage, elle se sentait menacée, elle avait besoin de le taillader. Les sombres tronçons maintenant roulaient dans les nuages, s'écrasaient les uns sur les autres.
Plus d'homme, plus de nuages, plus de pitons, plus d'horizon. Que lui restait-il ?
La montagne. Elle n'était pas à sa place. Elle alourdissait le côté gauche, elle serait mieux à droite. Ou absente. Décapitée, défaite de son pic prétentieux. Ainsi, du haut de ce sommet élagué, Maryline hurlerait sa rage de devoir faire face à cette peinture tous les jours, l'analyser et la décortiquer, trouver des signes absents ou théories dépassées, mystifier le contraste entre la lumière et l'obscur.
Le ciel se froisserait de lui-même une fois lacéré, se ratatinerait ; ses lambeaux de bleu et de rose, d'orange ou de gris s'étioleraient sous un vent nouveau après deux siècles d’incompréhensible prospérité.
L’étudiante détruirait ce tableau à coups de hache, et une fois son œuvre achevée, il ne subsisterait qu'un ciel troué, des monts guillotinés et... tant d'autres atrocités. Mais par-dessus tout, il n’y aurait qu'elle sur la roche, une canne brisée en deux entre les mains, le vent répandant autour d'elle des copeaux de bois noirs et luisants.

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Dimanche 18 septembre 2011 7 18 /09 /Sep /2011 13:28

Auteur : XCharming

Gagnant du concours Une photo, un poème (1)

 

La métamorphose


Présent
L’enfant entend le vent qui s’engouffre
Dans ses poumons
Enchaînés
Elle retient son souffle
Le change en passion
Vers la liberté

Futur proche
Ses bras planent dans la bise
Comme des feuilles larges
Dépliant l’air
Se couvrent de plumes grises
Le vent sur son passage
Replie l’air

Futur
L’enfant entend le vent qu’elle engouffre
Sous ses ailes ravies
Liberté même !
Comme un joyau qu’on couve
Et qu’on chérit
Plus que soi-même

Partout
Sous elle, la ville
Les humains, tristes pions
Sans âme, dociles,
Sans imagination

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Samedi 17 septembre 2011 6 17 /09 /Sep /2011 18:26

Auteur : Luft/Eliott/Saara

Gagnante du concours : Vision des choses d'un criminel

 

 

Petite, mon Ange, j’entends tes pieds qui martèlent la terre, qui font s’effriter les feuilles et voler les rameaux. J’ai l’impression que tu voles entre les buissons, les racines – seraient-ce des ailes qui se dessinent ?
Tu t’es enfuie (je t’avais dit de rester où tu étais), et les arbres projettent sur toi des ombres mouvantes et vacillantes. Elles te poursuivent, puissantes et t’effrayent, toi, petite.
Ton souffle se mêle aux courants d’air, halètement cent fois répercuté qui laisse derrière lui les traces d’un parfum de détresse. Et dans l’obscurité, je te poursuis sans relâche.
Je t’entends sans effort ; le chuchotement de ta robe, les cheveux qui battent dans ton dos, tes ailes…
Le bruit que tu fais envahit mes oreilles et envoûte mon esprit comme une mélopée qui sans cesse se renouvelle. Je te suis et mon cœur crève d’envie quand je vois cette lumière qui t’entoure, se propage, te protège ; je veux la percer, alors je cours.
Mais… Tu sais où je suis ?
Comme si tu avais entendu ma question, tu te retournes, puis repars de plus belle. Et moi je souris.
Tu cavales au milieu des arbres hors d’haleine, aveugle. Mais ta lumière persiste, je ne comprends pas pourquoi. Pourtant, de tes bonds effrénés, tu te heurtes aux grilles végétales, murs de ronces au rire sardonique, autant de portes qui ne s’ouvrent pas.

Peur.

A un détour je peux voir tes ailes nacrées s’agiter, s’agiter en tout sens, et dans l’air quand je passe après toi, je savoure ta peur et ton angoisse. Elles sont la sueur de ta peau, ton odeur, ton parfum ; elles sont toi tout entière.
Toi petite, alors que nous sommes deux je veux te saisir, te prendre, pour ne former qu’une entité.
Comme je m’approche j’aimerais bondir, je sens mes muscles frissonner… Mais je t’admire, te détaille, je te contemple et te caresse du regard, toi, frêle insecte qui me voit sans me regarder, tressaille pour chercher une issue.
Mais les portes sont fermées. Alors tes ailes frémissent doucement. Tu sais petite, tu sais que rien ne sert d’espérer. Dès l’instant où je t’ai prise en chasse, tu le savais déjà. Tu n’as plus de choix. Chaque seconde qui me séparait de toi s’est emplie et gonflée d’un désir, de mon désir, et de ton effroi ravissant.
Alors je te capture au vol (si légère), et je crois sentir les battements affolés de ton cœur contre mes paumes.
Et ce tissu qui tente vainement de te couvrir, dérisoire, il est facilement, si facilement arraché… et dans tes yeux, comme un refrain, écho rumeur, je revois ce sentiment qui te prend, que je ne pourrai jamais éprouver, sans doute, mais que je connais mieux que personne… Car je le fais vivre, ce sentiment, tu comprends ?

J’entends ton souffle heurté. Tes ailes blanches se teintent lentement, de rouge, elles s’assombrissent et s’alourdissent, tombent à terre. Elles ne te protègent plus.
Je sens le duvet de ta peau contre la mienne, je vois tes jambes se tordre et battre le sol, tes doigts délicats remuer comme un papillon terrifié. Tes cheveux si blonds, si fins, si argentés, ils sont maintenant maculés de boue. Je n’ai plus envie de jouer.
Tu cries, il n’y a personne pour t’entendre. Ça ne fait rien, seulement toi et moi, et toutes tes craintes, une sérénade nocturne, l’attente qui vole en éclat, j’attendais que tu sois vraiment effrayée.

Mes sens divisés se réunissent alors, se réunissent enfin, s’entremêlent pour n’en devenir qu’un. C’est une extase qui berce violemment. Ta voix et tes hurlements en sont les accords, l’accompagnement parfait. Il déferle, puissant. Prégnant.
Plaisir inouï qui fuse, qui transperce et se déploie alors que sous moi je sens quelques uns de tes soubresauts. Car je t’ai pris ta lumière, et je sens mon visage se tordre en un rictus de satiété... Cette lumière qui me narguait, je l’ai finalement étranglée.
Un papillon cloué...

Par Ecrivains en herbe - Publié dans : Textes primés
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Samedi 17 septembre 2011 6 17 /09 /Sep /2011 18:17

Auteur : Marine

Gagnante du concours Une photo, un poème 1

 

Une amie m'avait donné rendez-vous dans un bar, un jeudi, en plein milieu d' après-midi. C'était l'hiver, un hiver dur et froid, comme celui de l'année où maman nous a quitté. Les rues couvertes de givre étaient désertes, blanches et âpres sous les nuages gris qui effilochaient le ciel, mais les commerces et les salons de thé étaient plein à craquer d'une foule colorée. J'avais horreur de ce monde ; j'avais failli vers demi-tour, m'asseoir sur un banc, pour m'imprégner de la neige, du gel, de la solitude, pour ressentir la ville gercée autour de moi, regarder les étincelles de glace sur la route et les écharpes des passants qui claquaient dans le vent froid. J'aurais parcouru des yeux les visages des gens, comme à l'accoutumée, j'en aurais suivi quelques uns sans qu'ils ne s'en aperçoivent, pour faire partie de leur vie pendant quelques secondes, pour avoir l'impression de me mêler au monde. Je serais passé devant ton ancienne école, toute triste, prisonnière de son silence, avec sa cour déserte baignée de mille vents, balayées des dernières feuilles aux nervures blanchies, avec son toit bleu scintillant dans la lumière blafarde, intacte comme un voile de cristal.

Je suis entré dans ce bar, j'ai cherché mon amie des yeux. Je ne l'aimais pas beaucoup, mais je n'avais rien d'autre à faire. Elle parlait trop et son air disait toujours autre chose que ses lèvres, mais, maintenant que j'y étais, je ne pouvais plus reculer, et j'ai avancé entre les bancs couverts de moleskine bleue et les sièges capitonnés. J'ai pris un thé qui a vite refroidi. Je l'ai fini, pour me donner l'impression d'être quelqu'un de bien, pour me donner bonne conscience. La chaleur du bar me donnait envie de dormir, et mes gorgées vertes, glacées, me réveillaient, m'offraient comme un sursaut de vie. Je m'agrippais aux volutes de conversations, aux fumées de cigarette. Les éclats de voix me dérangeaient, me tiraient de ma torpeur. Je promenais mes yeux hagards un peu partout. La voix chaude de mon amie me berçait, je somnolais à nouveau, j'essayais de m'entendre respirer, et parfois, pris de peur, je plaçai une main sur mon poignet pour voir si je battais encore.

La fille de la banquette voisine lisait un roman dans le brouhaha ambiant, un de ces romans de gare dont tu critiquerais sans doute le style, si tu étais avec moi. J'imagine qu'ils ne te plairaient pas. Déjà, petite, tu aimais les histoires compliquées, l'originalité. On serait assis tous les deux, l'un a côté de l'autre, sur une moquette rouge, dans un chouette appartement qu'on aurait pris en collocation, sur la banquette d'un bar miteux au serveur atypique, avec de grands cheveux, et je te chuchoterais les mots de l'auteur à l'oreille. Les livres ne seraient jamais assez bien pour toi, tandis que moi, ils me plairaient, ils me divertiraient. A chaque fois tu m'arrêterais dans ma lecture, et, en riant, tu pointerais du doigts des phrases imbibées de lieux communs sur lesquelles je m'étais attendrie quelques secondes plus tôt, entre deux gorgées d'un alcool fort qui nous tiendrait au chaud. Tu m'en voudrais un peu d'avoir choisi ce livre mais cela ne serait pas grave. Je t'aimerais, tu m'aimerais. A nous deux, on ferait une famille, une esquisse de vie, un joli tableau tout simple dans un décor douillet, et cela serait suffisant.

A un moment donné la fille a lâché son livre pour plonger le nez dans sa tasse de café noir, et son marque-page a glissé sur la table, s'est arrêté de justesse, en équilibre sur l'arrête. Il aurait pu tomber, être piétiné par les pieds boueux qui passaient à ce moment, être emporté par la rafale de vent et de jambes qui filait vers la porte, se mêler à la neige, dehors, ou rester dans le bar, se coincer sous un siège. S'abandonner, et se recouvrir de poussière, à l'abri des regards, sans que jamais je n'en sache rien et sans que jamais je n'ai la tristesse d'avoir conscience de manquer une route qui aurait pu m'être destinée. Mais le bout de photo s'est arrêté, je l'ai pris, regardé, il a tourné entre mes doigts, j'ai fait sa rencontre. Derrière, la date correspondait. Les bruits du bar se sont mit à flotter dans l'air, la musique du jukebox s'est évanouie à quelques centimètres de mes oreilles, ma trachée s'est rouverte malgré moi et j'ai prononcé, tout doucement :

« Où as-tu pris cette photo ? »

J'ai tutoyé cette fille que je ne connaissais pas, je ne sais pas pourquoi. Elle m'a fait répéter. Tout simplement. J'avais un espoir fou, et ça m'a fait bizarre, parce que je n'en connaissais plus le goût, j'avais oublié la mélancolie et le bonheur qu'apportaient l'espérance.

Sur la photo, c'était toi, beaucoup plus jeune. Tu dois avoir six ou sept ans. Tu cours après un oiseau. Tu as une jolie robe, des petites sandales, tu as l'air d'avoir bonne mine. Tu es très concentrée. Je me souviens de cette persévérance que tu mettais dans tous tes gestes, de ta capacité, encore petite, à t'émerveiller de tout, à regarder le monde comme si tes yeux le déchiffraient pour la première fois et y voyaient toute la chance que l'on avait de vivre. Je me suis imaginé, te poursuivant, pour rattraper ton ombre, te soulever, te faire tourner comme un avion. Un grand sourire aurait illuminé ton visage, et ton rire aurait rebondi sur les dalles blanches, valdingué sur les devantures des magasins, filé à travers la place pour rejoindre les bruits de la fontaine que l'on aperçoit pas, derrière, mais qui coule en permanence, bien au delà de nous.

C'est le lieu de notre enfance. Sans doute as-tu voulu y revenir avec ceux qui me remplacent, peut-être pour me chercher, pour voir si je t'y attendrais, comme d'habitude, le visage entre les mains, assis sur un banc, les yeux rêveurs. Maman servait dans le restaurant aux bâches blanches. Les clients la taquinaient tout le temps. Comme j'étais plus âgé, elle me prenait avec elle le matin et te laissait dormir. Tu me rejoignais vers onze heures. Chaque fois, tu m'adressais un sourire complice, et j'allais chiper pour toi dans les cuisines du restaurant pendant que tu faisais le guêt et distrayais le cuisiner. Tout le monde t'aimait bien, personne ne te refusait jamais rien, alors qu'on se méfiait de moi, avec mes longs cheveux bruns. Tu gardais pour moi tes regards espiègle et ton sourire en coin, les glaçons dans mon lit, en plein été, et nos parties de chasse à travers la maison, lorsque maman était partie. Je ne connaissais pas de petite fille plus éveillée et plus mignonne que toi.

Je t'ai cherchée alors que je croyais t'avoir perdue pour toujours. J'ai été de foyers en foyers. J'ai fait des kilomètres. Il y a huit mois, j'ai rencontré une dame qui m'a longtemps parlé. Elle m'a dit que tu avais été placée dans une bonne famille d'accueil, aimante, avec des gens qui prenaient soin de toi, dans les mois qui ont suivi l'enterrement de maman. Je ne sais pas si tu lui en as voulu, comme moi. Cela ne fait pas longtemps que j'ai compris, que je lui ai pardonné de nous avoir séparés dans sa mort. La dame m'a dit que tu grandissais, que tu entrais en seconde l'an prochain, dans un lycée sérieux. Que tu avais des tas d'amis, de grands projets. Je m'imaginais tes premières histoires d'amour, tes querelles, tes déboires de lycéenne, tes longues soirées de pleurs. Je suis demandé si tu pensais toujours à moi ou si tu m'avais oublié. Je ne pouvais pas imaginer que tu ne voulais pas me voir. Tu me cherchais forcément.

Un matin, je suis parti avec le rêve de te tenir bientôt dans mes bras. J'ai garé la voiture dans une allée joyeuse, bordée de grandes fleurs oranges, un jour de printemps. Mon coeur battait à cent à l'heure, je ne croyais pas à ma chance et en même temps j'avais peur que tu ne te souviennes pas de moi. Ma terreur était irrationnelle ; je ne pouvais pas m'en empêcher. Je voyais cette maison, la vie tranquille que j'imaginais derrière ces murs, les joies et les liens que les briques cachaient encore à ma vue. J'ai eu peur de bouleverser tout ça, de raviver des souvenirs que tu voulais laisser enfouis. Mais j'ai traversé le jardin en courant, j'ai appuyé comme un fou sur la sonnette, plusieurs longues minutes. Je caressais la vision de ton corps contre le mien, de la douceur perdue de tes cheveux contre ma joue, des retrouvailles, de notre vie future, ensemble, toi que l'hiver m'a prise et que le dégel n'a jamais libérée. Les pans de cette maison se sont ouverts, celle que j'ai prise pour ta mère d'accueil m'a ouvert la porte et je suis entré dans un salon. Il ne sentait pas toi. Les couloirs et la tapisserie froide n'avaient pas ton odeur. La dame s'était trompée de personne. J'ai pleuré devant des inconnus, en plein milieu de leur salon, quand je compris que l'adolescente qui se tenait devant moi n'était pas toi mais quelqu'un d'autre qui ne m'aimerait jamais. Je l'ai frappée, très fort, par dépit, par honte, et j'ai couru hors de cette vie que j'avais crû tienne pendant quelques minutes. Dehors, la neige tombait à nouveau.

Je vais marcher dans la rue, et, à un moment donné, je vais ouvrir mes doigts et ce mot va tomber. Je ne peux rien te donner d'autre.

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